MPIA-20066 Subvention du capital agricole des femmes et inégalités de genre au Burkina Faso

Abstract

En Afrique subsaharienne, les femmes représentent au moins la moitié de la main-d'œuvre agricole et deux tiers des femmes actives travaillent dans l'agriculture, ce qui en fait le plus grand employeur des femmes (FAO, 2011). Le rapport 2015 de la Banque Africaine de Développement indique que, dans certains pays comme le Rwanda, le Malawi et le Burkina Faso, près de 90% des femmes économiquement actives sont impliquées dans l'agriculture. En Côte d'Ivoire la production de cacao concentre une main-d‘œuvre féminine à 68 %, tandis qu’en Éthiopie, les femmes représentent 75 % de la main-d'œuvre dans la production de café (African Development Bank, 2015). L’implication des femmes dans les activités agricoles au Burkina Faso est assez importante. Les femmes constituent l’épine dorsale de l’économie rurale, et partant, de celle de l’économie nationale. On estime qu’environ 93,48% des femmes exerçant des activités économiques travaillent dans les campagnes principalement dans la production vivrière, bien que cela se fasse souvent dans des conditions précaires (DCPM/MPF, 2006). En plus des activités agricoles primaires, elles s’impliquent également dans le stockage et le traitement des aliments et sont responsables de 40% de la commercialisation des produits agricoles, à côté de leurs tâches domestiques quotidiennes (cuisine, ménage, soin des enfants…). En dépit de cette forte présence dans l’agriculture, force est de constater leur faible dotation en facteurs de production comme nous le verrons dans la section « données ». La sous-performance de l'agriculture au Burkina Faso comme dans de nombreux pays d’Afrique subsaharienne s’explique en partie par la faible dotation en ressources productives des principaux acteurs que sont les femmes qui répartissent leur temps entre de multiples activités. Les femmes rurales sont à la fois agricultrices, ménagères, commerçantes ou restauratrices, mais sont malheureusement confrontées à un certain nombre de contraintes sévères – comparativement aux hommes – pour accéder aux ressources productives. Parmi ces ressources productives figurent en bonne place, la terre, les engrais, le capital matériel, financier et animalier (FAO, 2011). Cet inégal accès aux ressources productives est de nature à entraver leur productivité, et réduire par conséquent leur contribution au développement du secteur agricole et à l’atteinte des objectifs de développement économique et social. Des politiques visant à doter davantage les femmes en ressources productives dans l’agriculture permettraient de produire des gains significatifs en termes d’augmentation de la productivité agricole, de réduction de la pauvreté et de la faim, de promotion d’une croissance économique inclusive et d’une réduction des inégalités de revenus entre les hommes et les femmes. L’accès des femmes à la terre et aux intrants agricoles est déjà inscrit dans les politiques nationales du Burkina Faso, en témoigne l’élaboration de politiques de sécurisation foncière et des lois visant à améliorer l’accès des femmes rurales pauvres à la terre . En outre, dans le programme présidentiel 2015-2020 figure également l’ambition de faire en sorte que 30% des terres aménagées soient allouées aux femmes. Les intrants agricoles sont régulièrement subventionnés, même s’il faut souligner des difficultés pour les femmes d’avoir accès à ces intrants subventionnés, l’existence de coûts de transport élevés et la nécessité de payer cash excluant souvent certaines femmes peu nanties. Un aspect particulièrement important qui n’est pas, à notre connaissance, suffisamment pris en compte dans les politiques actuelles est le faible accès des femmes au capital physique destiné aux travaux agricoles. Si l’accès à la terre et aux intrants est fondamental pour constituer une base de production, l’accroissement de la productivité agricole des exploitations des femmes requière une intensification de leurs activités. Une meilleure dotation en capital physique agricole pour les femmes permettrait également d’économiser le temps des femmes qui pourraient le consacrer à d’autres activités lucratives ou au loisir. La présente recherche vise à investiguer les impacts potentiels d’une politique de subvention du capital physique agricole en faveur des femmes sur l’emploi et les revenus des femmes ainsi que sur la croissance économique globale. Pour ce faire, un modèle d’équilibre général calculable est utilisé et calibré avec une matrice de comptabilité sociale orientée « genre ».


Members

Project leader: Patrice Rélouendé ZIDOUEMBA

Project researchers: Pouirkèta Rita Nikiema | Somlanare Romuald KINDA | Diane Ruth Hien

Scientific mentors: Sébastien Mathouraparsad


Working Papers

Title Modified Size Comments Recommendations
Subvention du capital agricole des femmes et inégalités de genre au Burkina Faso 2019-05-03 1.42MB 0 0

Policy Briefs

Title Modified Size Comments Recommendations
Subventionner le capital agricole des femmes pour réduire les inégalités et favoriser l’économie du Burkina Faso 2019-05-06 1.98MB 0 0

Proposal

Title Modified Size Comments Recommendations
2017-09-21 939.22KB 0 1

Final report

Title Modified Size Comments Recommendations
2018-11-03 1.28MB 1 1

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